orosirian a écrit :
Qu'est ce qui te permet de dire que le mélomane n'est pas concerné ? Des mélomanes concernés j'en connais à la pelle.
Du moment où il s'agit d'un numéro de cirque et où la musique n'entre plus qu'en arrière plan et n'est plus que prétexte à la démonstration technique entre initiés, je ne vois pas où le mélomane peut encore être concerné...
Pour moi, c'est comme assister à un rodéo : ligoter un veau en 15 secondes chrono, dans l'absolu, bravo, faut le faire, ça force le respect. Sauf que pour l'apprécier à sa juste valeur quand on n'est pas cow-boy...
supertanche a écrit :
Pourquoi ce postulat est-il erroné ? ( c'est un postulat aussi ? )
Que ce soit dans l'interprétation ou la composition, je ne vois vraiment pas comment on peut dissocier les deux en musique...
Tout simplement parce-qu'on peut faire de la musique sans en connaître la moindre technique.
Bon, là, évidemment, je me fais complètement l'avocat du Diable.
Mais on peut composer sans écrire, sans jouer, et sans connaître la moindre des règles du jeu (solfège, harmonie...)
La technique n'est qu'un outil permettant de gagner du temps, de formaliser sa création et d'échanger, mais elle n'intervient pas forcément dans le processus créatif (même si, inconsciemment, du moment où l'on en a assimilé quelques notions, on ne pourra évidemment plus s'en affranchir).
L'émotion n'est d'ailleurs pas non plus tenue d'entrer en ligne de compte, finalement, tant que rien n'interdit de composer mécaniquement (comme certains ordinateurs le font tr_ès bien).
C'est au final une démarche intellectuelle dont les ingrédients sont extrêmement variables.
Cela dit, je le répète, je me suis fait l'avocat du Diable et je suis bien conscient que, concrètement, l'émotion est régulièrement à la base du processus de création, et la technique en est l'outil incontournable. C'est juste qu'il me semble abusif de poser cela comme postulat de départ, et plus abusif encore d'en tirer un raisonnement par induction.
supertanche a écrit :
Prenez le meilleur orchestre du monde comptant les musiciens les plus techniques, donnez lui un chef d'orchestre qui n'a que technique et rien à dire sur l'oeuvre : il n'en sortira rien de bon. Donnez lui un orfèvre et de l'émotion à revendre : vous aurez un vrai concert. Pourtant aucun son ne sort forcément du chef... Mais un mouvement décrivant une perception, une sensibilité vis à vis de l'oeuvre changera la donne.
Nous sommes bien d'accord sur ce point.
The Duck, mon ami, je ne t'oublierai pas.